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Le décès de Mahsa Amini : une mèche de cheveux de trop


À Téhéran, le premier février 1979, l’ayatollah Rouhollah Khomeini, après 15 ans d’exil, repose les pieds en sol iranien et reprend la tête du pays l’amenant ainsi vers un nouveau régime : la république islamique. Calquée sur l’islam chiite, la république islamique met en place la police des mœurs afin d’assurer le respect de leurs principes par la population. Cette organisation qui, encore aujourd’hui, instaure la peur chez le peuple iranien, est plus que jamais contestée en raison du décès d’une jeune femme à la suite de son arrestation. Ce texte racontera ce tragique évènement et les manifestations qui l’ont suivi.


Le 13 septembre 2022, alors qu’elle se promenait à Téhéran aux côtés de son frère, Mahsa Amini fut arrêtée et placée en détention par le Gasht-e Ershad, qui est la police des mœurs, en raison d’un voile porté d’une manière jugée inappropriée. Par le fait même, sa famille suspecte déclara que ce sont les blessures qui lui furent infligées lors de la détention, à la suite de cette arrestation, qui causeront son décès à l’hôpital trois jours plus tard. « Mon fils était avec elle. Certains témoins ont dit à mon fils qu'elle avait été battue dans le fourgon et au poste de police », déclara Amjad Amini, le père de la défunte. C’est à ce sujet que les médias et les autorités demeurent en désaccord. En effet, le gouvernement affirme que Masha n’a été victime d’aucun mauvais traitement et qu’elle aurait succombé d’un « arrêt cardiaque soudain ». Pourtant, le père de la victime fut empêché de voir le corps de sa fille avant son inhumation.


En réaction à cette injustice, le peuple se soulève : la révolte parcoure l’Iran, des femmes de tous les âges brûlent le voile qui leur est imposé depuis l'âge de sept ans. Dès le 16 septembre, des revendications de liberté se font entendre de la part des Iraniens parcourant les rues, scandant le nom des martyrs décédés dans le sillage des protestations : Hananeh Kian, 23 ans, tuée à Noshahr, Ghazaleh Chalab, 32 ans, tuée à Amol ou encore Mahsa Mogoi, 18 ans, tuée à Ispahan. Pour faire face aux manifestations marquées par l'hostilité au pouvoir, le gouvernement iranien riposte en menaçant de ne faire preuve d’aucune indulgence vis-à-vis les instigateurs et, dans l’espoir de voir retomber la colère, limite l’accès à Internet : « Depuis le début des manifestations, la République islamique d'Iran a sévèrement bloqué l'accès à Instagram, à WhatsApp, à LinkedIn et à Skype, les dernières grandes plateformes occidentales encore accessibles en Iran », dénonce Reporters sans frontières (RSF). De plus, des contre-manifestations prorégimes organisées par l’état font surface dans les rues des grandes villes, les fidèles présents y remercient les forces de l’ordre.


Finalement, malgré que nous puissions nous sentir impuissants face aux évènements prenant place en Iran en ce moment, plusieurs actions peuvent être posées pour appuyer les Iraniennes telles que participer aux manifestations organisées près de chez vous et rester informés sur la situation. Ainsi, l’OGN Iran Human Rights fournit des informations fiables et vérifiées sur l’évolution des événements. Enfin, vous pourriez inciter le ministère des Affaires étrangères à intervenir et à engager une pression internationale sur le gouvernement iranien.
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